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Le Busard des roseaux

Anciennement Busard harpaye

Circus aeruginosus

 

 

Le plus grand des busards, champion de la voltige !

  © busard des roseaux

J. Coatmeur © LPO-IDF

 

Ordre : Accipitriformes
Famille : Accipitridés
Genre : Circus
Espèce : Circus aeruginosus

Description morphologique de l’oiseau

Le Busard des roseaux mesure entre 48 et 55 centimètres du bec jusqu’au bout de la queue. Son envergure peut atteindre 125 centimètres. Comme chez la plupart des rapaces, la femelle est plus lourde que le mâle et pèse jusqu’à 800 grammes tandis que le mâle ne dépasse pas 650 grammes.

Chez cette espèce mâle et femelle n’ont pas le même plumage. On parle de dimorphisme sexuel.

© F.Desbordes

Busard des roseaux mâle posé © dessin de François Desbordes

Un rapace de zones humides

Le Busard des roseaux est inféodé aux zones humides terrestres (eau douce) et intertidales (eau saumâtre). Il vit généralement en plaine dans des zones de végétation marécageuse dense.

Il peut aussi s’aventurer dans des milieux plus secs (dunes, landes, milieux agricoles…) surtout pour chasser en hiver et durant la migration.

En prédateur généraliste, il se nourrit de nombreux types de proies : petits oiseaux, petits mammifères...

Le Busard des roseaux peut vivre jusqu'à des altitudes de 2000 mètres en Asie et 3000 mètres sur ses aires d'hivernage au Cameroun, même s’il privilégie un vol de 10 à 30 mètres au-dessus du sol lors de la migration.

© D. Stefanescu

Busard des roseaux © D. Stefanescu

Reproduction

Son aire de reproduction est caractérisée par de vastes zones humides. Le Busard des roseaux construit une aire près du sol, bien cachée dans les roseaux ou dans la végétation dense de marais, d’étang et quelques fois en prairies, friches, bordures de lacs et grands cours d'eau. Cette aire est constituée de roseaux, joncs, branches d’aulne ou de saule, puis d’herbe et de feuilles. Les deux partenaires participent à cette construction. La femelle pond entre un et huit oeufs qui sont incubés un mois environ. Après l’éclosion, la femelle reste au nid auprès de ses jeunes un mois de plus, pendant que le mâle chasse seul pour nourrir la couvée. Les jeunes quittent le nid à l’âge de cinq semaines et sont encore nourris par les parents une vingtaine de jours avant de prendre leur indépendance.

© JF. Magne

Busard des roseaux, jeunes © JF. Magne

Un rapace migrateur

Principalement migrateur, le Busard des roseaux se rencontre aussi bien en Europe occidentale, qu’en Afrique du Nord ou en Asie.

Les busards de notre territoire quittent la France en septembre et octobre pour hiverner en Afrique subsaharienne et vers l'est jusqu'au Moyen-Orient et reviennent en mars/avril.

Généralement solitaire, le Busard des roseaux peut parfois être grégaire pendant la migration.

Les scientifiques constatent que les busards des roseaux reproducteurs installés dans le sud de la France ont de plus en plus tendance à se sédentariser. En hiver, ils sont rejoints par des individus nichant dans le nord de l’Europe.

© F. Gonod

Busard des roseaux © F. Gonod

Effectifs et tendances dans le monde, en France et en Île-de-France
Dans le monde

La taille de la population mondiale du Busard des roseaux est assez importante, estimée entre 415 000 et 765 000 individus matures (dont 48% en Europe) et en augmentation. Elle est donc classée en « préoccupation mineure » sur la liste rouge mondiale UICN des espèces menacées.

Même si la menace historique de la chasse dans le sud de l'Europe notamment à Malte s'est en grande partie atténuée, les tirs illégaux se poursuivent toujours localement. Le recours à l’énergie éolienne menace aussi l’espèce. Dans son aire de répartition ouest-africaine, l'espèce est vulnérable à la dégradation de l'habitat par la récolte du bois et le surpâturage ainsi qu'à l'exposition aux pesticides.

En France

L’espèce est classée quasi-menacée sur la liste rouge UICN des oiseaux nicheurs menacés de France métropolitaine et estimée en diminution. La France accueillerait environ 2000 couples chaque printemps. Les menaces pesant sur les busards des roseaux localement, sont multiples : dessiccation et drainage des zones humides (avec la régression des vastes roselières du fait de leur eutrophisation ou encore de la présence de bétail bovin et équin), chasse, bioaccumulation de polluants divers (dont utilisation excessive de pesticides dans et autour des zones humides), perturbateurs endocriniens et empoisonnement aux métaux lourds (en se nourrissant d'oiseaux d'eau contaminés par les plombs issu de la grenaille de chasse, source de saturnisme aviaire chez cette espèce) ...

En Ile-de-France

C’est en période migratoire que les observations sont les plus importantes, c’est –à –dire de mars à mai au printemps et de aout à octobre à l’automne. L’espèce se reproduit sur quelques sites en Île-de-France, la Réserve Naturelle Régionale du Grand Voyeux à Congis-sur-Thérouanne en Seine-et-Marne, au marais de Misery à Echarcon en Essonne par exemple. Les effectifs nicheurs restent faibles dans la région, estimés à moins de 10 couples par an entre 2009 et 2014. Le Busard des roseaux est classé en danger critique (CR) sur la liste rouge régionale des oiseaux nicheurs d’Île-de-France (révisée de 2018) avec une tendance stable. Il est victime de la disparition des milieux ouverts favorables à sa reproduction, au dérangement humain (base de loisir, pêche), à la prédation par les sangliers, à la contamination par divers polluants via l’alimentation (métaux lourd, PCB, Bromadiolone…)

© Répartition

Carte de nidification du Busard des roseaux Circus aeruginosus en île-de-France (issue de l’Atlas des oiseaux nicheurs d’Ile-de-France, 2009-2014).
En rouge les nicheurs certains, en orange les nicheurs probables et en jaune les nicheurs possibles. Les cercles concentriques donnent une idée des effectifs nicheurs par maille du quadrillage : de 1 à 10 couples pour les petits cercles sur cette carte.

Le saviez-vous ?

En période de reproduction, un promeneur suivant un même trajet à intervalles fréquents ou un pêcheur à la ligne peut entrainer l’abandon d’une nichée.

© lea Schlemmer

Busard des roseaux © Dessin de Léa Schlemmer

Bibliographie

Ouvrages

  • BirdLife International. 2004. Birds in Europe: population estimates, trends and conservation status. BirdLife International, Cambridge, U.K.
  • BirdLife International. 2015. European Red List of Birds. Office for Official Publications of the European Communities, Luxembourg.
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  • Del Hoyo, J.; Elliott, A.; Sargatal, J. 1994. Handbook of the Birds of the World, vol. 2: New World Vultures to Guineafowl. Lynx Edicions, Barcelona, Spain.
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  • IUCN. 2016. The IUCN Red List of Threatened Species. Version 2016-3. Available at: www.iucnredlist.org. (Accessed: 07 December 2016).
  • IUCN. 2019. The IUCN Red List of Threatened Species. Version 2019-3. Available at: www.iucnredlist.org. (Accessed: 10 December 2019).
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  • Snow, D.W. and Perrins, C.M. 1998. The Birds of the Western Palearctic, Volume 1: Non-Passerines. Oxford University Press, Oxford.
  • STRIX. 2012. Developing and testing the methodology for assessing and mapping the sensitivity of migratory birds to wind energy development. BirdLife International, Cambridge.
  • Thiollay, J.-M. 2007. Raptor population decline in West Africa. Ostrich 78(2): 405-413.
  • F.Malher, 2017. Atlas des oiseaux nicheurs d’île-de-France, Corif.

Sites internet

Article de Céline Bofarul