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L'Hypolaïs polyglotte

Discrète, vraiment ? Attendez qu’elle ouvre le bec ! Elle va vous débiter avec énergie toutes les langues de ses voisins.

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L'Hypolaïs polyglotte

Hippolais polyglotta

 

 

Un oiseau au chant mélodieux et puissant bien moins discret que ne l’est son plumage …

  © Hypolais

Hypolaïs polyglotte

 

Ordre : Passériformes
Famille : Sylviidae
Genre : Hippolais
Espèce : Hippolais polyglotta

Un petit passereau au plumage camouflage

L’Hypolaïs polyglotte est un petit passereau de 12 à 13 cm de long, d’une vingtaine de centimètres d’envergure et pesant entre 7 et 17g. Il n’y a d’autre part pas de dimorphisme sexuel.

Cette espèce est caractérisée par une silhouette fine, une tête au front fuyant (aspect pointu) et des yeux sombres contrastant avec une face plutôt pâle. Ses ailes sont arrondies, de couleur homogène, plutôt longues et dépourvues de panneaux alaires. Les rémiges sont légèrement ornées de beige. Le bec est pâle (rose-orangé, mandibule inférieure jaune-orangée), assez large et pointu et ses pattes brun terne. Entre son bec et chaque œil, on peut observer une bande fine ou sourcil jaune pâle. Le dos de l’oiseau est vert grisâtre voire parfois brunâtre tandis que sa gorge et sa poitrine sont jaunes (parfois plus clairs, jusqu’à presque blancs). Son plumage lui permet donc de se dissimuler dans la végétation (camouflage).

Pour ce qui est des juvéniles, ils ressemblent à leurs parents mais présentent au niveau des ailes une trace de zone pâle. Leur plumage est légèrement plus contrasté que celui des adultes : dessus un peu plus sombre, gorge et poitrine un peu plus claires.

A l’automne a lieu la mue, avant la migration vers le site d’hivernage.

Difficilement identifiable uniquement de visu, le chant varié, alerte et rapide de cet oiseau est un très bon critère d’identification. Hissée au sommet d’un buisson ou d’un arbuste, l’Hypolaïs polyglotte émet en premier lieu de nombreux motifs sonores répétés au cours de son chant, puis des gazouillis assez mélodieux mais avec des notes grinçantes. Au cours du chant, une sorte de huppe se redresse au niveau du front de l’oiseau. D’autre part, cette espèce tient son nom (polyglotte) de ses performances vocales : elle émet des cris semblables à ceux d'autres espèces : moineaux, merles, hirondelles, …

Suivre le lien suivant pour écouter un exemple de chant

Ecologie de l’espèce
Une espèce insectivore et généraliste
Hypolaïs polyglotte

Hypolaïs polyglotte

L’Hypolaïs polyglotte a une nette préférence pour les milieux buissonnants variés (offrant notamment un couvert végétal dense et discontinu) tels que les friches et haies (en particulier les haies basses en bordure de champs ou de routes). Elle occupe également les milieux ouverts comme les landes, coteaux avec buissons et arbustes et les clairières ensoleillées, puisqu’elle aime chaleur et lumière.

Elle est d’autre part également présente dans les milieux en voie de recolonisation végétale (jeunes parcelles forestières, jeunes peupleraies, espaces laissés à l’abandon comme champs, carrières, gravières, décharges, talus de voies ferrées,... ), les jeunes taillis et les coupes forestières. On peut également la retrouver dans les champs le colza où elle chante, postée dans un buisson ou sur un poteau.

Insectivore généraliste, cette espèce consomme également des baies à l’automne avant la migration. Elle chasse dans le feuillage et dans les herbes hautes, et peut même parfois capturer ses proies en vol.

Reproduction-nidification
Hypolaïs polyglotte

Hypolaïs polyglotte

Au début de la période de reproduction, les mâles chantent à tue-tête lors des phases d’acquisition d’un territoire et de rencontre d’une partenaire. Une fois la reproduction passée, leur activité vocale diminue significativement.

La période de nidification peut alors débuter pour durer environ 7 semaines, généralement accompagnée d’1 seule ponte entre mai et juillet. Le nid est construit par la femelle à faible hauteur (entre moins d’1 m et 4 m) dans les branchettes d’un arbre ou gros buisson / arbuste touffu souvent épineux comme un roncier. Le nid est une coupe profonde très soignée, composée de fibres végétales fines, de crins et de bourre et est légèrement refermée dans le haut. 3 à 5 œufs lilas tachetés de brun sont pondus par la femelle à partir de mi-mai. Elle les couve alors pendant un peu moins de 2 semaines.

Les 2 parents prennent soin des oisillons, qui prendront leur envol 13 à 14 jours après leur naissance. 2 semaines plus tard, les jeunes hypolaïs deviennent autonomes et quittent leurs parents.

D’après certaines estimations, seuls 2 jeunes en moyenne parviennent à prendre leur envol, le succès de reproduction étant évalué à 45%.

Petit oiseau mais grande distance

Nichant dans le sud-ouest de l’Europe et au nord-ouest de l’Afrique, ce petit passereau migre à partir du mois d’août pour rejoindre l’Afrique sud-sahélienne et ses savanes et forêts (distance supérieure à 5000 km pour les Hypolaïs d’Ile-de-France). Il revient ensuite en France et en Europe dès le début du mois d’avril mais principalement en mai.

Effectifs, tendances et statut
Répartition globale : une espèce européenne et africaine (UICN monde)
répartition

Carte de la répartition mondiale de l'Hypolaïs polyglotte (Source : IPNP, source des données GBIF ou Global Biodiversity Information Facility)

D’après la liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN, l’Hypolaïs polyglotte est une espèce de “préoccupation mineure” (LC, risques de disparition faible). Le nombre d'individus matures est estimé à 6 à 10 millions. L’Europe constitue environ 75 % de l’aire de répartition mondiale de cette espèce. A l’échelle globale, l’espèce semble être en augmentation, notamment du fait de l’expansion de son aire de répartition vers le nord et l’est, malgré des tendances de populations stables entre 1989 et 2013.

En France (UICN)

En France, l’espèce est également de “préoccupation mineure” (LC). Il y aurait entre 300 000 et 500 000 couples nicheurs en France, en augmentation. On la retrouve presque partout, mais elle semble globalement éviter l’arc alpin et être moins présente en Bretagne.

répartition

Carte de la présence en France de l’Hypolaïs polyglotte (source : SINP)

Cette espèce est d’autre part classée comme protégée sur tout le territoire français (article 3 de l’arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection) et inscrite en Annexe II et III de la Convention de Berne et en Annexe II de celle de Bonn.

En Ile-de-France

Également classée comme LC en Île-de-France, cette espèce y est assez commune. 10 000 à 20 000 couples seraient présents en période de nidification.

répartition

Carte de la répartition en Île-de-France de l’Hypolaïs polyglotte
En rouge les nicheurs certains, en orange les nicheurs probables. La taille des points donne une idée des effectifs des nicheurs par maille de quadrillage : de 1 à 10 couples pour les petits cercles, de 11 à 100 pour les plus grands cercles, des losanges lorsqu’il n’y a pas eu de dénombrement. (Source : Atlas des oiseaux nicheurs d’Ile-de-France 2009-2014)

Menaces pesant sur cette espèce

Bien que les tendances des populations de l’Hypolaïs polyglotte semblent être en amélioration depuis quelques années, probablement du fait de l’accroissement du nombre d’espaces délaissés et en déprise agricole et du caractère généraliste de cette espèce, des menaces pèsent toujours sur celles-ci.

Comme la plupart des espèces d’oiseaux, celle-ci est notamment menacée par les activités humaines via :

  • l’agriculture intensive (pesticides, monocultures, grandes surfaces sans haies et déboisement et destruction des haies)
  • la destruction et la dégradation de ses habitats comme par exemple l’exploitation intensive des peupleraies en vallées alluviales (fauche fréquente du sous-bois et pesticides), la destruction et disparition des haies et friches, …
  • le changement climatique qui pourrait réduire son aire de répartition et augmenter la compétition avec d’autres espèces.
Bibliographie
Ouvrages
  • Oiseaux de France et d’Europe, Rob Hume, Guilhem Lesaffre et Marc Duquet, Larousse, édition 2016, 456 pages
  • Les oiseaux d’Île-de-France. Nidification, migration, hivernage, Pierre le Maréchal, David Laloi, Guilhem Lesaffre, CORIF-Delachaux et Niestlé, édition 2013, 512 pages
  • Atlas des oiseaux nicheurs d’île de France, CORIF/LPO, 2009-2014, 203 pages
Sites Internet